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dimanche 24 mai 2009

Une testament meurtrier... et un auteur d'enfer !


C'est toujours émouvant de rencontrer un nouvel auteur. Peut-être pas nouveau pour vous, mais nouveau pour moi. Je n'avais jamais entendu parler d'Henri Loevenbruck avant d'en apercevoir un roman dans le rayon Poche d'un supermarché. La quatrième de couverture m'a vite convaincu de commencer la lecture - je devrais dire la dévoration - du roman... et je ne me suis plus arrêté. En moins de deux jours - et d'une bonne portion de la nuit - j'avais avalé les quelques centaines de pages d'aventures palpitantes que m'offrait ce jeune auteur français aussi bon story teller qu'un auteur de thriller américain...

Damien Louvel est scénariste à New York. Scénariste français qui a réussi à injecter une french touch à une série américaine très drôle et très sexe. Mais il est en bout de course et s'amuse de moins en moins. Un coup de fil de Paris va le ramener non seulement au Pays mais surtout, face à lui-même et à ce père qu'il n'a plus vu depuis onze ans et qui vient de mourir.

Rentré à Paris pour régler les formalités de la succession, il prend vite la direction d'un petit village du Vaucluse dans lequel son père - pourtant parisien endurci - a acheté une petite maison. Là, il découvre les nouvelles passions - obsessions ? - de son père et fait la connaissance de Sophie, une jeune femme au charme trouble et à l'esprit aiguisé comme une lame tolédane...

Tous deux vont connaitre non seulement des aventures extraordinaires, mais vont faire l'objet d'une traque incessante et meurtrière de la part de deux organisations étrangères qui recherchent un message et un code dont le père de Damien avait retrouvé la trace. Ecrit et publié avant le Da Vinci Code, ce livre fait la part belle aux sources du christianisme, à Leonardo da Vinci, aux charmes de la Joconde, aux énigmes peintes et autographes de Dürer et aux tentatives d'étouffement du Vatican.

Henri Loevenbruck s'impose comme un des maitres du genre : son thriller ésotérique vous tient en haleine de la première à la dernière ligne et vous fait cadeau, sans avoir l'air d'y toucher, d'une magnifique galerie de personnages inoubliables...

Henri Loevenbruck, Le Testament des siècles, J'Ai Lu, 8251, 380 p.

samedi 7 juin 2008

Profondeurs


Profondeurs abyssales et psychologiques : un roman de la métaphore

Une femme silencieuse depuis douze ans dans un hôpital psychiatrique. Une femme qui se souvient vaguement d’avoir été mariée il y a de cela tant d’années…

Un marin en mission secrète au début de la guerre de 14, quand la Suède, pays neutre, se demande si elle pourra se tenir longtemps encore à l’écart de la grande boucherie qui s’annonce. La mission du marin : relevé des routes alternatives aux vaisseaux de guerre qui ne peuvent emprunter les voies commerciales bloquées par les vaisseaux « ennemis ». Car qui est l’ennemi de la Suède durant ces premiers mois où Russes et Allemands se disputent la Baltique ?

Entre la femme et le marin, un mariage creux, une relation vide. Ou plutôt, un abîme que vient seulement combler un amoncellement de mensonges.

Et qui est cette femme solitaire, aperçue sur un rocher prétendument inhabité ? Qui sont ces marins au profil si particulier ? Un capitaine à la main difforme, un second secret, un ingénieur alcoolique ?

Au sein de cette guerre mondiale, les personnages se livrent une guerre personnelle, à coups de mensonges, de faux-semblants, de gestes trompeurs ou interrompus.

Henning Mankell se hisse au niveau des plus grands dans ce récit à la densité granitique : les personnages y acquièrent une rare épaisseur, leurs relations y sont décrites avec l’acuité d’un Ingmar Bergman et le style dépouillé d’un Knut Hamsun. Sans doute l’un des livres les plus troubles, denses et personnels du grand romancier suédois.